Transat Québec Saint-Malo : L’heure des joueurs

Québec, le samedi 28 juillet 2012 – La dernière marque de parcours de Saint-Pierre et Miquelon déjà loin dans leurs tableaux arrières, les protagonistes de la Class40 de cette 8e Transat Québec Saint-Malo se sentent, pour certains d’entre eux tout au moins, des velléités de jeu alors qu’une nouvelle dépression les balaie d’ouest en est. Les analyses quant au déplacement de cette dernière, sa direction et sa rapidité divergent assurément si l’on considère avec quelle conviction Stéphane Le Diraison (IXBlue), nouveau leader depuis la nuit dernière, s’entête à demeurer l’un des plus nordistes de la flotte. Ses deux adversaires Fabrice Amedeo (Geodis) et Joerg Riechers (Mare) convergent plein est dans une belle communion de pensées à moins de 2 milles l’un de l’autre.

 Plus de 100 milles dans leur sud, Halvard Mabire, 5e sur Campagne de France et le Québécois Eric Tabardel, 16e sur Bleu, parient sur le renforcement par le sud-ouest des vents générés sous le centre dépressionnaire en déplacement le long des côtes orientales de Terre-Neuve. Libérés des contraintes fluviales et insulaires de la première partie de la course, c’est avec soulagement et appétit que les 25 voiliers toujours et plus que jamais en course, soit 100% des engagés, dévorent l’Atlantique, dans des conditions d’humidité et de vitesse, et dans la tension et le plaisir indicible d’une régate majuscule toujours aussi groupée dans sa forme, et incertaine dans son issue.

 Un nouveau changement de leaders et quelques options…

Si l’Allemand Jöerg Riechers, grand favori de l’épreuve, a déjà à plusieurs reprises tenu le commandement de la flotte des Class40 depuis le départ dimanche dernier de Québec, pas moins de trois autres équipages lui ont succédé dans le très convoité fauteuil de leader. Derniers élus en date, Stéphane Le Diraison, et ses équipiers Bertrand Delesne, Vincent Barnaud et Eric Mezières très inspirés lors du passage à Saint-Pierre et par ce bord au plus près de Terre-Neuve. Leur Pogo S2 IXBlue sorti indemne des tortures du Saint-Laurent (certains équipages parlent de journées à plus de 50 empannages) est à présent sollicité au maximum de ses possibilités par un équipage qui enchaîne avec précision un rythme de quart efficace pour faire avancer le bateau tout en reposant les hommes. Si les écarts en distance au but semblent ténus, moins de 10 milles, on observe avec intérêt l’écart nord-sud accentué par Le Diraison. Ainsi qu’Armel Tripon l’affirmait ce matin à bord de Geodis, non seulement la valse des leaders n’est pas prête de s’arrêter, « mais c’est groupé en quelques heures que la flotte des Class40 devrait se présenter à Saint-Malo… »

 Trois systèmes pour une flotte

Il est toujours plus facile de naviguer devant avec un confortable matelas de milles d'avance, mais pour les poursuivants, la donne est légèrement différente dans la catégorie des Open. En passant assez nord, Erwan Leroux sur FenêtréA Cardinal 3 a évité une zone d’instabilité et fait désormais route dans un flux de Sud/Sud-Est d’une vingtaine de nœuds. Un rythme avec lequel il devrait pouvoir traverser l’Atlantique jusqu’au rocher du Fastnet, marque à contourner pour les multicoques. Derrière Erwan Leroux, Vers un Monde sans Sida d’Erik Nigon fait, quant à lui, face à cette zone de transition. Actuellement sur une route au 122° ce multi de 50 pieds tente de s’extirper de ces calmes avec des vents qui n’excèdent pas les six nœuds. De son côté, Gilles Lamiré sur Défi Saint-Malo Agglo navigue sur une route assez intéressante dans le sud qui lui permettra de toucher plus rapidement l’avant de la dépression et ainsi allonger cette foulée qui lui manque tant depuis le départ de Québec, il y a six jours.

 Chez les monocoques de cette catégorie des Open, Vento di Sardegna d’Andrea Mura n’arrive pas à se libérer de la puissante armada des Class40 « Je suis vraiment impressionné par la puissance des Class40. Ils vont très vite et dans ces conditions de vent de travers nous n’arrivons pas à aller plus vite. Notre bateau a pourtant 3 mètres de plus, mais ça ne suffit pas. Pour le record de Merit, honnêtement ça va être difficile, mais si nous arrivons le premier monocoque ça sera déjà très bien », nous confiait Tommaso Stella. Vento di Sardegna arrive cependant à garder une toute petite avance sur cette incroyable flotte de Class40 qui pointe juste derrière lui. Plus en retrait, Georges Leblanc sur son grand monocoque Océan Phénix, a bien du mal à suivre le rythme imposé par les 40 pieds et navigue depuis le départ derrière le gros de la flotte. Les conditions qu’il rencontre sont cependant plus favorables, car c’est au près débridé dans un vent de 25 nœuds que toute la puissance de cet avaleur d’océan navigue actuellement. Lui aussi devra traverser la zone de calme et une fois encore les écarts devraient s’allonger.

 Ils nous racontent…

 À bord de Partouche,

« Si on fait du Class40, c'est sans doute pour ça : cette sensation de puissance unique, quand la machine, calée sur son bouchain, bouffe du mille comme un goinfre. We love reaching ! 25 nœuds de vent, à 70° du vent réel, sous GV haute et trinquette, ballasté et matossé à bloc, Partouche laboure la mer - qui a changé de couleur cette nuit - à plus de 11 nœuds de moyenne. A l'intérieur, on entend les craquements de la coque qui encaisse sans broncher et les vagues qui viennent frapper le bateau de côté. En fond sonore, le ronronnement - qui vire à l'aigu quand on accélère - de l'hydrogénérateur rythme les surfs. Il pleut, il mouille, mais voilà ce qu'on est venu chercher dans cette option sud. Et, à l'abri sous la véranda du Pogo 40S2, c'est plutôt confort... A part ça, tout va bien, ou presque : hier en fin de journée notre spi max a posé une RTT sans autorisation du patron, nous lâchant par l'amure. Verdict d'Étienne, qui connaît le métier depuis la Jacques Vabre : "Réparable". On s'y colle dès que ça se calme. Et puis un moment juste incroyable, hier toujours : journée ensoleillée, à la barre en short, tout d'un coup à l'horizon, sur tribord, de l'écume qui vole dans l'air. En désormais expérimenté navigateur de ces zones baleinières, votre sang ne fait qu'un tour. "Baleine !". La voilà : un énorme spécimen qui sonde au même moment. Deuxième souffle, cette fois, c'est sûr, nous sommes en route de collision, sous spi à 11 nœuds. Gasp ! Je lofe ? J’abats ? On choisit de lofer, en espérant que notre amie n'a pas d'option marche arrière. On est passé, elle n'a pas refait surface. Désolé du dérangement, on ne faisait que passer. »

 À bord d’Océan Phénix

« La nuit est obscure, le brouillard et la bruine détrempent nos valeureux équipiers qui attendent impatiemment la fin de leur quart. Le voilier file à bonne vitesse, fend la vague et soulève des embruns qui viennent doucher pour une dernière fois les équipiers qui espèrent la relève qui se fait attendre! Le café, le thé vert ou le chocolat chaud sont servis selon le choix des équipiers du quart entrant. Puis, les équipiers exténués qui terminent leur quart sont bien heureux de laisser leur place aux cinq autres satisfaits de reprendre en main le voilier qui se comporte bien. Le calme revient en moins de cinq minutes. »

 Gilles à bord de Comiris-Elior

« Le soleil se couche sur le 6e jour de course ; le soleil, on l'a vu et bien vu aujourd'hui. On a pu faire sécher nos lessives. Ça nous fait du bien à nous sudistes de voir un peu de bleu après les brumes de Saint-Pierre et la flotte de ces derniers jours. Ce parcours dans le Saint-Laurent puis dans le golfe pour finir encalminé une bonne heure entre Saint-Pierre et Miquelon à échanger sans se comprendre quelques mots avec un pêcheur, ce parcours me fait penser à la mise en pratique d'un guide côtier. J'imagine que l'organisation a dû se dire « on va leur faire aimer nos paysages et leur donner l'envie de revenir ». Et bien à moi, c'est ce que ça me fait !… On a fini par trouver un gros morceau de bois dans la quille bien collé contre la coque et dont la forme embrassait le voile de quille... depuis quand était-il là ? Une bonne grosse marche arrière nous a permis de nous en débarrasser.... et comme dans Satanas et Diabolo et les fous du volant sur leurs drôles de machines, nous voilà de nouveau dans la course… »

 Miranda à bord Campagne de France

« Nous passons les Grands Bancs de Terre-Neuve et exceptionnellement, il n’y a plus de brouillard. En fait, il fait très beau, le bateau et ses occupants parviennent à sécher un peu. C’est le début de la partie atlantique de Québec Saint-Malo, le sprint final vers la France. Le spinnacker est en l’air, qui nous tire en avant dans l’attente de la nouvelle dépression qui va nous dépasser avec ses vents forts et sans aucun doute, sa pluie… »

 Mise à jour de la cartographie

Pour des raisons de respect des stratégies de course entre les équipages, rappelons que la cartographie est dorénavant mise à jour  à 5h, 9h, 13h, 17h et 21h TU (Temps universel). Ce qui veut dire quatre heures en moins au Québec et deux heures de plus en France. Soulignons aussi que la couche « Multimédia » est maintenant disponible sur les applications web et mobiles, ce qui permettra au public de suivre en images vidéos et photos, les différentes aventures des équipages !

 À propos de la Transat Québec Saint-Malo

La Transat Québec Saint-Malo est un événement de Voile international Québec (VIQ) qui a pour mission de présenter des courses océaniques et des événements nautiques qui font découvrir le fleuve Saint-Laurent, tout en travaillant à sa mise en valeur en plus de valoriser des projets de développement qui touchent la jeunesse. VIQ a mandaté GESTEV comme producteur délégué de la TQSM. Spécialisée en gestion d’événements sportifs et culturels, GESTEV est installée depuis 1992 dans la région de Québec et est certifiée éco-responsable selon la norme BNQ 9700-253.

 À propos de la Fédération canadienne de la faune

La Fédération canadienne de la faune est un organisme national à but non lucratif qui se consacre à promouvoir la prise de conscience et l’appréciation de notre monde naturel. Par la diffusion de connaissances sur l’incidence des activités humaines sur l’environnement, la subvention de recherches, la création et l’offre de programmes didactiques, la promotion de l’exploitation durable des ressources naturelles, la recommandation de changements de politiques et la coopération avec des partenaires aux vues similaires, la FCF vise à créer un avenir où les Canadiens vivront en harmonie avec la nature. Pour plus d'information, consultez le site federationcanadiennedelafaune.ca

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 Pour tout savoir sur la Transat Québec Saint-Malo : www.transatquebecstmalo.com



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