OPÉRATION SAUVETAGE DE LA GARDE CÔTIÈRE AUXILIAIRE DANS LES ÎLES DE SOREL
Pour être prêt quand ça comptera vraiment

Samedi, 15h30. En ce bel après-midi ensoleillé, avant qu’Irène ne vienne gâcher la température, des centaines de plaisanciers se sont donné rendez-vous sur le fleuve et dans les chenaux des Îles de Sorel. Cruisers, trawlers, pontons, yachts de plaisance, motomarines et bateaux cigarettes voguent à belle vitesse, bondissant sur les vagues. À leur bord, des jeunes couples, des familles, des groupes d’amis, heureux et insouciants, en profitent pour se faire bronzer.

Mais dans l’Auxiliaire 1228, l’embarcation de la Garde Côtière auxiliaire canadienne (Québec), Luc, Marc, Brigitte, Claude et Lorraine, en uniforme et veste de sauvetage, sont tout sauf insouciants. Sérieux et concentrés, ils scrutent attentivement l’horizon. Ce sont des sauveteurs bénévoles de la Garde côtière auxiliaire. En montant à bord, tout ce qu’on leur a dit c’est que des plaisanciers avaient rapporté avoir vu un petit avion de type Cesna piquer du nez et disparaître dans les environs de l’île aux Corbeaux. Avant de partir, ils ont repéré sur une carte marine l’endroit approximatif du possible écrasement. Claude indique à Luc, le patron d’embarcation, le trajet à prendre.

À proximité de l’île de Grâce, Marc lance : «Là, voyez, une queue d’avion qui sort de l’eau.» «Et regardez, poursuit Brigitte, il y a un jeune garçon qui nous fait des signes sur la berge. » Rapidement, Luc amorce les manœuvres d’abordage et deux minutes plus tard, l’équipe déboule sur le quai d’un chalet de l’île de Grâce.

Mission : sauver des vies

Rassurez-vous, il n’y pas eu d’accident grave, le week-end dernier à Sorel-Tracy. Pas cette fois. Il s’agissait en fait d’un entraînement pour une soixantaine de sauveteurs bénévoles issus des sept unités de la Zone 04 Richelieu/St-Laurent de la Garde côtière auxiliaire: Port de Montréal, Repentigny, Haut du Port, Contrecœur, Haut-Richelieu, Vallée du Richelieu et Sorel-Tracy, l’unité hôte de cette journée de formation. Ensemble, elles couvrent une quarantaine de municipalités le long du fleuve St-Laurent et du Richelieu.

«Cet exercice d’une journée complète – théorie le matin, pratique l’après-midi – a été organisé par l’unité 22, Sorel-Tracy,» explique la directrice de la zone, Monique Parent. La commandante, Louise Laramée, est une véritable dynamo et elle transmet son énergie à toute son équipe. On mène ce genre d’exercice de formation régulièrement afin que nos bénévoles se maintiennent à jour et gardent la main. C’est essentiel pour qu’ils soient prêts le jour où ils devront répondre à un véritable appel de détresse.

Ils sont près de 700 sauveteurs bénévoles au Québec, répartis dans 55 unités situés le long des voies navigables. Ce sont des citoyens des municipalités riveraines qui ont choisi d’allier leur passion de la navigation à leur désir d’aider les autres. Les 12 membres de l’unité 22 Sorel-Tracy compte étaient présents samedi, pour s’assurer que la soixantaine de bénévoles présents aient le temps de faire les six exercices prévus au programme.

En effet, en plus de l’exercice pratique de recherche et sauvetage, pour lequel ils avaient suivi, le matin, une formation théorique, les membres se sont exercés au lancer de la bouée, au lancer de la ligne d’attrape, au maniement de la pompe à incendie, au matelotage (l’art de faire des nœuds) et aux premiers soins. «On a été chanceux, souligne Louise Laramée, puisqu’on a eu un seul appel durant la journée – qui a d’ailleurs été annulé – contrairement à la fin de semaine dernière où on a dû répondre à 4 appels, ce qui monte le total des missions à plus d’une vingtaine depuis le début de la saison. »

Une question de minutes

De retour sur l’île de Grâce, les quatre sauveteurs bénévoles s’affairent auprès des figurants qui jouent les blessés. Pendant que les deux premiers se penchent vers les deux enfants qui gisent dans les hautes herbes près de l’eau, les deux autres partent à la recherche d’autres victimes possibles. Le garçon a mal au cou et dit avoir vomi et la fillette a une fracture ouverte au doigt. Les deux sont en état de choc. Tout en s’assurant que les ambulanciers ont été appelés et qu’ils sont en route, Claude s’informe auprès des enfants sur les autres passagers. On apprend que les deux parents étaient avec eux.

Brigitte et Marc ont en effet trouvé, un peu plus haut sur le terrain, le père, inconscient qui semble souffrir d’une hémorragie à la poitrine et la mère, blessée à la cheville. Dès que les sauveteurs ont prodigué les premiers soins, les sauveteurs s’entendent sur l’ordre d’évacuation selon la gravité des blessures : ce sera le père d’abord et son fils, et ensuite la mère et sa fille.

L’exercice est terminé. La journée aussi. Sauveteurs et blessés figurants reprennent ensemble le bateau pour retourner au quai de la Grange du Survenant qui a gracieusement prêté ses installations pour la formation. Épuisés par cette longue journée mais enchantés de l’organisation et satisfaits des apprentissages réalisés, les bénévoles se retrouvent autour d’une gibelotte et d’un méchoui. Au cours du souper, des trophées sont remis aux équipes qui se sont distinguées.

Louise Laramée et Monique Parent en profitent pour remercier le maire de Sainte-Anne de Sorel, Pierre Lacombe, celui de Sorel-Tracy, Réjean Dauplaise et le représentant du maire de Saint-Joseph de Sorel, Jean-Guy Cournoyer, dont la collaboration a été essentielle à la tenue de la journée.

La Garde côtière auxiliaire canadienne (Québec), dont le siège social est situé à Sorel-Tracy, a justement entrepris, il y a deux ans, un programme à l’intention des municipalités riveraines. Le programme Partenaire de votre communauté vise à renforcer les liens entre les bénévoles et leurs élus municipaux et permettre ainsi de maintenir un service de recherche et sauvetage nautique de la plus haute qualité, au bénéfice des citoyens. La gestion de ce projet a été confiée à la firme soreloise Gestion Alter Ego.

La Garde côtière auxiliaire canadienne (Québec) est un organisme sans but lucratif fondé il y a plus de 30 ans pour soutenir la Garde côtière canadienne dans les activités de recherche et sauvetage sur l’eau. Son territoire se situe le long du Fleuve Saint-Laurent, de la frontière ontarienne jusqu’à Blanc-Sablon sur la rive nord et jusqu’à la Baie des Chaleurs sur la rive sud, ainsi que le long des rivières Richelieu et Saguenay.

Source :

Garde côtière auxiliaire canadienne (Québec)

http://www.gcac-q.ca



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